b i o g r a p h i e




© Céline Nieszawer


L'oiseau Bleu

Lorsqu'on me demande depuis quand j'écris - les enfants posent souvent cette question, parfois ils esquissent même un : Pourquoi tu écris ?, je mens toujours un peu, puisque je réponds : depuis l'enfance. C'est vrai que j'ai conservé mes carnets d'enfant et d'adolescente, au sein desquels il me semble, parfois, qu'il y a déjà tout ce qui allait - et va encore - se développer ensuite. Mais, de fait, en beaucoup plus brouillon. Je mens, en disant que j'écris depuis l'enfance, car, si je m'écoutais, je dirais que j'écrivais déjà avant. Cela ne se peut pas, ce serait une posture que de prétendre ce genre d'absurdité. Mais probablement avais-je envie d'écrire avant même d'avoir lu, oui, cela se peut. Il n'y avait guère de livres chez moi, mon père immigré italien n'était pas un habile lecteur - en revanche il savait sublimement conter. Sans doute est-ce du côté de ma mère qu'il faut voir une concrétisation de ce qui allait devenir mon goût de l'écriture. Non parce qu'elle affectionnait davantage les livres, elle qui, gamine, venue d'Italie, avait été pétrie de culture française, mais parce qu'un jour elle fut renversée par une voiture. Elle a été plongée dans le coma de longs mois. A ce moment là, j'étais une toute petite fille, et on ne disait pas la vérité aux toutes petites filles.

On me mit chez Mr et Mme V. Il m'a bien fallu essayer de comprendre ce qui me valait cet exil, quelle faute j'avais commise, ce qui arrivait à ma mère que je ne voyais plus, à moi qui étais en train de mourir de chagrin, et au monde, qui devenait bien plus hostile que ce que décrivait le plus saignant des contes de fées. Et c'est là que l'Oiseau Bleu m'a sauvée.
Mr. V., âgé, me contait l'histoire de l'Oiseau Bleu. Du fond de ma terreur, j'ai compris qu'il ne fallait pas se fier aux apparences, qu'un oiseau pouvait dissimuler un prince, et qu'on pouvait déjouer les mauvais sorts.
Je crois que, déjà, je n'en avais pas grand chose à faire des princes, donc j'ai plutôt essayé de devenir un Oiseau Bleu pour aller chercher ma mère dans ce que j'ai bien fini par comprendre être le coma, l'hôpital, la mort. J'ai réussi. C'est à dire que, non seulement ma mère est revenue des ténèbres, mais j'ai réussi à me sauver de la folie et du désespoir. Ou plutôt, devrais-je dire, la littérature m'a sauvée. Je ne savais pas écrire. Mais mon père m'avait offert l'outil du conte. Je m'en suis servie, intérieurement.

On comprendra aisément pourquoi l'écriture est, chez moi, très proche de l'oralité, entre conte et récit, histoire réelle et fiction, et que tout cela se chuchote avant que ça ne se parle.

Ensuite, il y a eu Lille, les études dans une ville si lointaine pour moi qui habitais le Beaujolais. Lille et le pays minier. La conscience éveillée par un passé de lutte ouvrière. La rencontre du théâtre. Le conservatoire où l'on ne me confia guère que des rôles de nourrice et de reine tant j'étais ronde. J'écrivais toujours.
Puis, l'arrivée à Paris, l'exaltation de cours pris auprès de Vitez, et d'autres, la vie de tournée, les rôles. J'écrivais encore. Création d'une troupe. A la mort de mon père, j'ai compris que l'exercice de l'Oiseau Bleu pouvait se réitérer. J'ai écrit. Et compris que, même mort, il était encore là, le père disparu. J'avais finalement réussi une fois de plus à ramener quelqu'un de Là-bas. Ecrire pour le théâtre allait devenir une évidence.
Au delà de l'écriture : la scène. Cette magnifique transfiguration.
Premières résidences à La Chartreuse, ma seconde maison. Bourses. Prix. Amitiés de travail. Plaisir de transmettre ma connaissance de l'écriture dramatique. Quelques mises en scène. Festival de Valréas où je dirigeais des ateliers de création dramatique, un laboratoire formidable pour moi. Rencontre de marionnettistes, de chorégraphes. Ecriture pour la jeunesse. Des éditeurs qui deviennent de vrais complices. Lectures publiques qui m'offrent un bonheur immense. Et mon goût prononcé pour une forme de nomadisme : Nord, Bretagne, Alsace, Dauphiné, Lubéron, Lot, Tarn, Lozère... je ne compte plus les mois de résidence sur ces terres inconnues et mon plaisir intact d'y rencontrer à chaque fois des publics nouveaux, curieux de tout et qui m'exaltent absolument.
Je suis néanmoins restée fidèle au Beaujolais. J'aime aller écrire, aux Etuiles, ma bauge. Fidèle au nord, je vis beaucoup en Picardie, tant j'ai besoin de ses lumières changeantes. Et à Paris, dixième arrondissement, mon nid. Qui a plusieurs maisons perd sa raison, affirme le dicton. De fait, si je devais choisir, je n'en garderais qu'une : l'écriture, bien sûr.



Mise en scène et ateliers de formation au jeu

J'ai mis récemment en scène Les Inavouables au sein de L'Echappée Belle, dans une forme pour cafés, parvis d'église et autres scènes improbables.
J’ai co-créé, il y a fort longtemps, le théâtre de l’Engeance avec Françoise Barret, compagnie au sein de laquelle j’ai mis en scène Catarineto.
J'ai mis en scène Les Agricoles en partenariat avec les Scènes Croisées de Lozère et la Scène Nationale de Cavaillon. Tournée en cours. Voir "En cours"
Diriger l'acteur est une passion pour moi. Je propose donc des ateliers de jeu ici ou là, à l'occasion !



Ateliers d'écriture et de lecture à voix haute

J'aime profondément transmettre ou partager le plaisir de l'écriture dramatique. Mais je le fais peu, pour ne pas embrouiller mon propre travail d'écriture. Dans ces ateliers, je privilégie des temps forts, de vraies immersions : stage de plusieurs week-ends, ou une voire deux semaines quand cela est possible. Tous les publics me réjouissent, à partir de seize ans. En effet, attachée à l'écriture dramatique, je ne sais pas "faire écrire" les enfants. Je suis d'une exigence qui s'accommoderait mal avec l'apprentissage enfantin - dans le cadre d'un enseignement de l'écriture dramatique, j'entends. Je parle de "direction", pas d'animation. C'est dire que je ne lâche pas l'écrivant qui s'invite auprès de moi pour écrire.

Les ateliers que j'ai dirigés sont quelquefois "contaminés" par ma démarche d'auteure.
Lorsque j'écrivais Les Balancelles, j'ai imaginé un stage : Drôles et démons, sur les figures du comique et les monstres intérieurs.
Lorsque j'ai eu fini Les Z'Habitants – texte pour lequel je suis allée dans les maisons d'habitants inconnus de moi, pour écrire pendant leur absence - j'ai dirigé des ateliers autour de l'écriture en des lieux insolites de la ville (certains des écrivants sont allés écrire dans des piscines, hall de commissariat, maternité, sex-shop... -)
Ecrivant Les Emerveillés pour Anne-Laure Liégeois et son spectacle "Ça", il m'est venu l'envie de proposer une Nuit d'écriture autour de l'érotique et du charnel.
Actuellement en travail sur le monde rural et pratiquant l'interview depuis de nombreuses années, j'ai eu envie de convier une sociologue, Chantal Nicolaï, dans mes ateliers pour réfléchir à la notion d'écriture du réel.
J'ai une vraie joie à proposer des ateliers de lecture à voix haute. J'aime transmettre l'oralité, la présence de la parole, son extraodinaire puissance. Je dirige donc volontiers des sessions de formation auprès de différents publics.



Actrice

J’ai progressivement ralenti mon travail de comédienne, privilégiant mon travail d'écriture. Mais actrice je le fus, entre autres, auprès de Pierre Etienne Heyman, Jean-Louis Martin Barbaz, Catherine Dasté, François Cervantès, Albert Simond, Alain Gautré...


© Céline Nieszawer


de 2015 à 2018, bribes…

- 16-17 Ecriture de "Nous étions debout et nous ne le savions pas"

- 2017-2018 Résidence mission sur le territoire du Valenciennois

- Stage de lecture à voix haute, Théâtre de Villefranche sur saône, les 16 et 17 janvier 2016

- Lecture dans les villages des Agricoles par elle même, dans des lieux du Beaujolais
www.theatredevillefranche.asso.fr

- Présence au théâtre Massalia à Marseille en janvier 2016

- Stage d'écriture avec Act'Art les 16 et 17 avril 2016
www.scenes-rurales77.com

2014

- Résidence à l'invitation du Théâtre pour 2 mains, autour un projet d'écriture jeunesse pour la marionnette qui rassemble différents auteurs : theatrepour2mains.fr

- Bourse du CNL pour son projet "Autour des luttes et résistances citoyennes.

2013

- Le ministère de l'éducation Nationale recommande Dans la maison de l'Ogre Monsieur et Mon frère, ma princesse pour la lecture des collégiens. Edition L'école des loisirs.

- Mon frère, ma princesse a reçu le Prix Collidram. Edition L'école des loisirs.

- Catherine a fait une lecture en italien des Agricoles invitée par le Teatro delle Ariette en octobre 2013 dans le cadre de leur Festival : Teatro a casa, à Castello di Serravalle, près de Bologne. J'ai eu la joie d'être accompagnée par Serge Peyrat. Nous avons eu l'occasion de lire Gli Agricoli , dans une traduction de Maud Dallachiara, au creux d'une étable. Entourés de 100 vaches et quasiment d'autant de spectateurs, nous avons connu un grand moment de bonheur... Elle mettra ce texte en scène. Il sera joué plus de trois saisons...


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